25.01.2008
Judéité, laïcité, citoyenneté
Disons-le d'emblée : malgré les vicissitudes de leur histoire au sein de notre pays (notamment l'antisémitisme de l'affaire Dreyfus et celui des années du nazisme), les juifs ont acquis un statut tout à fait satisfaisant et honorable, à l'égal des autres communautés confessionnelles. Dans le paysage laïc de la France républicaine, ils peuvent concilier, sans problèmes majeurs, leur fidélité à leur foi ancestrale et leur citoyenneté.
Les décisions du Grand Sanhédrin de 1807 avaient permis de sauvegarder à la fois la judéité, la laïcité et la citoyenneté de nos ancêtres du XIXe siècle. Aujourd'hui, au nom d'une laïcité mal interprétée, certains de nos coreligionnaires présentent des exigences peu conformes à l'esprit qui animait les rédacteurs du Grand Sanhédrin. Le Talmud lui-même avait déjà énoncé le fameux principe : Dina demalekhouta dina «a loi du royaume (de l'État) est la loi» , au nom duquel le juif est tenu de se soumettre à la loi civile de son pays dans la mesure où elle ne le contraint pas à des actes immoraux (meurtre, adultère, idolâtrie). Mais alors, comment comprendre les demandes de saisine de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), de la part d'associations juives ? Créée en 2004, la Halde a pour mission générale, rappelons-le, de lutter contre les discriminations prohibées par la loi, de fournir toute l'information nécessaire, d'accompagner les victimes, d'identifier et de promouvoir les bonnes pratiques pour faire entrer dans les faits le principe d'égalité. Il ne semble pas a priori que les demandes de saisine enregistrées ces derniers mois, en provenance des dites associations juives, entrent vraiment dans le cadre de discriminations ou d'atteintes à la liberté.
En France, chacun peut revendiquer son identité sans oublier sa citoyenneté. Ce qui est demandé à chacun est de s'intégrer à la communauté nationale, non de s'assimiler. Cette nuance est essentielle : elle est de nature à rassurer les membres de toutes les minorités nationales sur le fait que la République ne leur demande pas de disparaître culturellement ou religieusement, mais, tout en conservant leurs traditions, d'assumer une citoyenneté loyale et raisonnable.
C'est, nous semble-t-il, ce qu'avaient bien compris les membres du Grand Sanhédrin de 1807 ; c'est ce que certains ne semblent plus comprendre aujourd'hui, accumulant des exigences de moins en moins compatibles avec une véritable citoyenneté. Leur prise en compte par les pouvoirs publics irait à l'encontre de la laïcité française à laquelle nous sommes très attachés.
Quelques exemples recueillis dans le compte-rendu d'une visite du ministre de l'Intérieur et des Cultes, le 22 novembre dernier au Consistoire de Paris par le mensuel Information juive. Parlant des «préoccupations essentielles (…) pour la communauté juive», un des articles énonce entre autres : «la fiscalité des dons, la cacherout (…), les places dans les carrés confessionnels juifs dans les cimetières (…), le calendrier des examens pour les élèves et les étudiants juifs (…), la nourriture cachère dans les hôpitaux, les systèmes d'entrée de certains immeubles le shabbat…». Force est de constater, face à cette énumération, que la communauté juive émet là des exigences qui sont des formes de privilèges allant bien au-delà des règles d'une laïcité bien comprise. Si chaque minorité nationale devait s'en inspirer, il est à craindre que la vie du pays serait parcellisée et peu propice à l'intégration tant désirée par les pouvoirs publics. Faut-il rappeler, par exemple, que les carrés confessionnels dans les cimetières municipaux sont des dérogations, non un droit en soi ? Concernant les digicodes en bas des immeubles, il est inadmissible de vouloir en imposer l'arrêt le shabbat au prétexte d'une pratique orthodoxe de certains locataires juifs, et aux dépens de la sécurité et de la tranquillité du reste des occupants de ces immeubles.
On peut comprendre le désir de certains de vivre selon toutes les prescriptions de leur religion, mais ils doivent admettre que ce n'est pas possible dans un pays dont les coutumes et les lois ont été façonnées par des siècles de chrétienté et qui, de surcroît, se propose d'intégrer tant d'autres minorités. Il y a deux siècles, en acceptant la devise de la République Liberté, égalité, fraternité les juifs ont aussi implicitement accepté cette autre devise : Judéité, laïcité, citoyenneté.
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Le Parlement peut-il désavouer le peuple ?

Par Didier Maus, président émérite de l'Association française de droit constitutionnel.
La signature, le 13 décembre 2007, du traité de Lisbonne sur l'Union européenne conduit à soulever une question constitutionnelle : le Parlement peut-il désavouer le peuple ? Les données du problème sont simples et connues :
1.- Par le référendum du 29 mai 2005, le peuple français a refusé la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ;
2.- Le traité de Lisbonne, dont chacun reconnaît qu'il reprend l'essentiel du traité de Rome, constitue une étape très significative du «processus d'intégration européenne» ;
3.- Dans ces conditions, que l'on soit favorable ou défavorable au traité, peut-on passer outre à la décision du peuple de mai 2005 en l'annulant par un vote du Parlement ?
Dans la France contemporaine, le référendum de 2005 est le troisième référendum négatif . Après le référendum du 5 mai 1946, une nouvelle Assemblée constituante a été élue et un nouveau référendum, le 13 octobre 1946, a permis d'adopter la Constitution de la IVe République. Le 27 avril 1969, le peuple français a rejeté le projet présenté par le général de Gaulle à propos de la régionalisation et d'une réforme du Sénat. Le résultat a entraîné, dans les heures qui suivirent, la démission du président de la République. De ce fait, cette réforme est restée lettre morte. La ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, suite à un échec référendaire, consisterait donc une première.
D'un strict point de vue constitutionnel, la procédure normale de ratification d'un traité relève du Parlement. Ce n'est que lorsque le traité, sans être contraire à la Constitution, est susceptible d'avoir des conséquences sur les institutions que le président de la République peut demander l'accord du suffrage universel.
Le référendum du 20 septembre 1992 sur le traité de Maastricht était fondé dans la pensée de François Mitterrand sur les conséquences des évolutions politiques et juridiques contenues dans le traité.
Un raisonnement identique avait conduit Jacques Chirac à décider le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.
Le traité de Lisbonne contient non seulement d'importants aménagements et renforcements des politiques sectorielles de l'Union européenne, notamment en matière de justice et de sécurité intérieure, mais reprend les innovations les plus significatives de l'évolution prévues par le traité constitutionnel de 2004 et adopte, même si le lien est moins apparent, la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il y aurait donc toutes les raisons de prolonger les raisonnements de 1992 et 2005 et demander au peuple français d'approuver le nouveau traité.
Prétendre que ce traité, sous prétexte qu'il comprend désormais un traité de l'Union européenne et un traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, serait un «minitraité» ou un «traité simplifié» relève d'une erreur d'analyse et d'un abus de vocabulaire. Pour éviter de multiples consultations, le référendum pourrait être organisé en même temps que le premier tour des élections municipales, le 9 mars prochain.
À partir du moment où le traité de Lisbonne n'est pas substantiellement différent de celui de 2004, demander au Parlement de désavouer le peuple aurait un double inconvénient : amoindrir la confiance des Français dans leur système politique et constitutionnel ; enfermer l'Europe politique dans le cénacle des spécialistes et lui refuser une véritable légitimité démocratique.
Un nouveau référendum pourrait être à nouveau un grand moment de débat démocratique. Aux partisans du oui d'être convaincants.
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23.01.2008
Les Bourses européennes dans la tourmente
Les Bourses européennes étaient dans la tourmente mardi matin, pour une deuxième journée consécutive, et plusieurs d'entre elles ont ouvert la séance en très forte baisse, avant de se ressaisir, alors que les places asiatiques ont été en proie à la panique sur des craintes de récession aux Etats-Unis.
La Bourse de Londres est repassée dans le vert vers 09H00 GMT, le Footsie-100 gagnant 0,57% à 5.609,90 points après notamment des propos du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia qui n'envisage pas de récession mondiale.
Le Footsie avait pourtant cédé 2,83% à l'ouverture tout comme les autres places européennes: 3,95% pour l'Ibex à Madrid, 3,88% pour le Dax à Francfort, et 2,57% pour le CAC 40 à Paris.
Les marchés s'inquiètent toujours d'une possible récession aux Etats-Unis.
M. Almunia s'est cependant voulu rassurant, en affirmant qu'il n'y avait pas de risque de récession mondiale généralisée.
"On ne parle pas d'une récession mondiale. On parle du risque d'une récession américaine", a-t-il indiqué avant une réunion à Bruxelles des ministres des Finances de l'UE.
Le commissaire européen a émis l'espoir que les marchés retrouveront leur calme "dans les prochains jours".
Le ministre slovène des Finances Andrej Bajuk, dont le pays assure la présidence de l'UE, a lui aussi relativisé les risques pour l'économie européenne. "Nous sommes persuadés qu'avec ses fondamentaux forts, l'Europe peut faire face", a-t-il dit.
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a pour sa part appelé implicitement lundi la Banque centrale européenne à ne pas relever ses taux d'intérêt, voire à les baisser, "si la croissance devait faiblir significativement en zone euro".
L'humeur était néanmoins à la plus grande nervosité mardi matin en Europe.
La Bourse de Paris faisait par exemple du yo-yo, le CAC 40 oscillant sans direction claire autour de l'équilibre, au lendemain d'une chute de près de 7%.
Après avoir perdu plus de 5% dans les premiers échanges, l'indice parisien est rapidement repassé dans le vert, gagnant 0,75% peu après 10H00 (09H00 GMT).
Mais le CAC 40 est ensuite reparti à la baisse, et cédait 1,18% à 4.688,24 points vers 10H17 (09H17 GMT).
Les marchés devraient s'orienter plus nettement après la réouverture de Wall Street, fermée lundi en raison du Martin Luther King Day.
Les investisseurs redoutent non seulement la propagation à l'ensemble de la planète d'une récession aux Etats-Unis, mais aussi une crise majeure du système financier, plombé par les difficultés des rehausseurs de crédit.
A Francfort, l'indice des trente valeurs vedettes était dans la tempête, réduisant toutefois ses pertes. A 09H20 GMT, le Dax perdait 2,59% à 6.614,72 points, après avoir ouvert en baisse de près de 4% et être descendu sous la barre des 6.500 points quelques minutes après l'ouverture. La veille, le Dax avait chuté de plus de 7%.
Hypo Real Estate, qui s'était effondrée la semaine dernière après l'annonce de provisions liées à la crise du "subprime", rebondissait de façon spectaculaire et s'adjugeait 5,39% à 18,95 euros.
Le Dax, qui avait fini 2007 au-dessus de 8.000 points, a perdu quelque 18% depuis le début de l'année.
La Bourse de Moscou a entamé la journée également sur une dégringolade de plus de 5% de son principal indice RTS, à 1.892,96 points, récupérant ensuite quelque peu le terrain perdu, avec une baisse de 3,5%, à 1.929 points.
La place moscovite avait plongé de 7,38% à 1.999,83 points lundi.
La journée de mardi a été encore plus funeste en Asie, où les places boursières étaient paniquées par les perspectives de récession aux Etats-Unis, gros client des exportations de la région, et par les conséquences potentielles pour l'ensemble de l'économie mondiale.
La dégringolade a dépassé 5% à Tokyo, 7% à Shanghaï et 8% par moments à Hong Kong.
L'indice de la Bourse de Bombay en Inde a chuté de 4,97% à la clôture, après que les échanges eurent été suspendus pendant une heure à cause d'un plongeon de près de 10% à l'ouverture par crainte d'une récession aux Etats-Unis.
La Bourse de Bombay avait déjà dévissé lundi, cédant 7,41% à la clôture, soit sa plus forte baisse jamais enregistrée en une séance.
La Bourse de Séoul, qui a également suspendu ses échanges mardi en milieu de séance après une chute de 6,23%, a clôturé en très forte baisse de 4,4%.
La Bourse de Jakarta a enfin clôturé la séance sur une chute de 7,7%, à 2.294,52 points. Le principal indice de la Bourse indonésienne a perdu 16% depuis le début de l'année et a reculé de 19% par rapport à son record établi le 9 janvier, à 2.830 points.
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22.01.2008
Marché du travail
L'accord sur la modernisation du marché du travail signé lundi par quatre des cinq syndicats représentatifs et les trois organisations patronales constitue l'avant-dernière étape avant la présentation d'une loi destinée à instaurer un système de flexisécurité à la française.
Réunis au Medef, où se sont déroulées les négociations pendant quatre mois environ, les négociateurs des trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et de quatre des cinq organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) représentatives ont paraphé les 23 pages du texte à compter de 9h30.
La CGT, pour laquelle le texte est "déséquilibré" et "précarise davantage la situation des salariés", officialisera sa décision de ne pas signer le 29 janvier.
Pour le Medef, la CGPME et l'UPA, cet accord est "historique" puisqu'il "ouvre la porte de la flexisécurité française" pour les quelque 18 millions de salariés du privé, a déclaré lundi Cathy Kopp (Medef), chef de la délégation patronale.
Il doit être transposé dans un projet de loi qui accentuera la souplesse du contrat de travail, tout en promettant une augmentation des sécurités pour les salariés en cas de chômage. Le texte pourrait être présenté en Conseil des ministres avant les municipales de mars, en vue d'une adoption au Parlement avant l'été.
Mme Kopp a estimé qu'il "va apporter plus de sérénité dans les ruptures de contrats de travail, un parcours basé sur des bilans d'étape, un contrat à objet défini qui permet d'être dans la réalité du XXIème siècle, une portabilité de droits historique (santé/prévoyance, formation)".
"L'objectif est de diminuer le chômage", a-t-elle rappelé.
Pour Marcel Grignard (CFDT), l'accord "est un point de départ", mais "les salariés vont gagner des choses immédiatement, comme des conditions d'ancienneté améliorées pour bénéficier d'une couverture maladie ou d'une indemnité de licenciement revalorisée".
Stéphane Lardy (FO) a jugé que l'accord "est un bon compromis, qui a permis de sauver le CDI, d'acter la fin du CNE et d'apporter des garanties nouvelles pour les salariés, mais n'est un blanc seing pour personne".
Ce texte est "un compromis", "une première étape dans la sécurisation des parcours de vie professionnelle et un cadrage de la souplesse accordée aux entreprises", selon Gabrielle Simon (CFTC).
Les organisations syndicales et patronales présentes ont insisté sur le démarrage prochain des négociations sur l'assurance chômage et sur la formation professionnelle.
En matière d'assurance chômage, l'accord fixe le principe de "mieux indemniser les allocataires, pour des durées plus courtes" et prévoit une "prime forfaitaire" pour les moins de 25 ans n'ayant pas droit aux allocations chômage.
"FO sera très attentive à ce qui a été acté pour la prime forfaitaire pour les jeunes ou sur un fonds de formation durable pour les demandeurs d'emploi", a indiqué son négociateur.
Le ministre du Travail Xavier Bertrand recevra mercredi les organisations signataires.
"FO sera extrêmement vigilante sur la retranscription de l'accord dans la loi, pour qu'il n'y ait pas de détournement de l'esprit et de la lettre notamment par des amendements parlementaires", a prévenu M. Lardy.
M. Grignard (CFDT) a "exigé que l'équilibre de l'accord, son esprit et sa lettre soient pris en compte par le gouvernement et le Parlement". Pour la CFE-CGC, Alain Lecanu s'est dit "confiant" sur la transcription législative.
00:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2008
La crise boursière s'amplifie dans le monde
Les Bourses d'Europe ont plongé, subissant pour les principales leur plus forte baisse en une séance depuis le 11 septembre 2001. Londres a cédé 5,48%, Francfort 7,16%, Paris 6,83%, Madrid 7,54%, Milan 5,17% et la Bourse suisse 5,26%.
"C'est vraiment le +sell-off+", mouvement brutal de vente, a souligné Ronald Petitjean, gérant de Sarasin Expertise.
Les marchés américains étaient fermés lundi, jour férié, ce qui aurait dû modérer les volumes d'échanges dans le reste du monde. Mais le montant des transactions a été au contraire très élevé, signe d'une grande nervosité.
Les Bourses d'Amérique du Sud ont elles aussi plongé. A Sao Paulo, principale place boursière de la région, l'indice Ibovespa a cédé 6,6%. Buenos Aires a perdu 6,27%, Santiago 4,91%, Bogota 7,65% et Mexico 5,35%.
Les Bourses d'Asie avaient lancé le mouvement de fort recul: 3,86% à Tokyo, 5,14% à Shanghaï, 5,49% à Hong Kong, ou encore 2,95% à Séoul. Bombay, qui le 8 janvier battait son record absolu, a chuté de 7,41%.
L'inquiétude concerne à la fois la santé des banques à travers le monde à la lumière de la crise des crédits hypothécaires (subprime) aux Etats-Unis mais aussi les conséquences sur la croissance économique américaine et mondiale.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a semblé accréditer la thèse d'une large propagation de la récession américaine en affirmant que la crise financière en cours était "sérieuse" et qu'elle pouvait affecter les pays émergents.
"La situation est une situation qui est sérieuse (...) tous les pays du monde souffrent du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, enfin tous les pays développés", a-t-il dit à la presse à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy.
"Il n'est pas impossible que, même sur les pays émergents, ça ait un certain effet, que la croissance soit moins forte que celle qui était prévue", a-t-il ajouté.
Les investisseurs se sont montrés sceptiques face à l'annonce vendredi par le président Bush d'un plan de relance de plus de 140 milliards de dollars qui n'a toutefois pas été détaillé.
"Il y a une déception, puisque le plan ne s'adresse pas aux risques financiers. C'est un plan classique de relance par la consommation", a déclaré à l'AFP Jean-Louis Mourier, économiste pour la maison de courtage française Aurel.
"Les Bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush", a renchéri M. Strauss-Kahn.
A Bruxelles, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaire Joaquin Almunia a noté que "les marchés (semblent) envisager la possibilité d'un ralentissement plus prononcé" qu'attendu de la croissance aux Etats-Unis, "peut-être même une récession".
"J'espère qu'ils vont aussi prêter attention aux informations sur l'économie réelle, en particulier en Europe, et qu'ils vont retrouver leur calme", a-t-il ajouté, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a pour sa part estimé qu'une récession ne pouvait désormais plus être exclue aux Etats-Unis.
"La situation aux Etats-Unis continue à se détériorer. Nous avions toujours exclu au cours des mois écoulés une récession aux Etats-Unis, mais on ne peut plus totalement l'exclure au jour d'aujourd'hui", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'une réunion du forum des ministres des Finances de la zone euro.
Pendant que le pessimisme gagnait les marchés sur le plan économique, les mauvaises nouvelles continuaient de tomber concernant le secteur financier.
Après beaucoup d'autres, la banque allemande WestLB a annoncé lundi une perte nette de 1 milliard d'euros en 2007.
Les acteurs des Bourses sont aussi préoccupés par la situation des "rehausseurs de crédit", ces sociétés dont le métier est d'assurer les émetteurs d'obligations qui ne peuvent fournir toutes les garanties possibles aux marchés financiers.
Le plus important d'entre eux, l'américain Ambac, avait annoncé mercredi dernier qu'il allait lever plus d'un milliard de dollars auprès d'investisseurs, avant de renoncer vendredi à cette recapitalisation, citant notamment les "conditions de marché actuelles".
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20.01.2008
SNCF: des prix discount toute l'année pour faire le plein de voyageurs
Selon Le Parisien paraissant dimanche "très en vogue dans le transport aérien le système est à la SNCF une révolution".
Selon le quotidien populaire, il s'agira pour la compagnie ferroviaire de "pratiquer le déstockage des places qui n'ont pas trouvé preneurs en vertu d'un raisonnement simple selon lequel il vaut mieux vendre même à très bas prix un siège plutôt que de le laisser vide".
Disponibles dans les agences de voyage en ligne, ces offres feront l'objet d'une rubrique permanente baptisée les bons plans du net sur le site Voyages-sncf.com signale également le journal.
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La Bourse de Paris entre dans la saison des résultats avec crainte
La Bourse de Paris va entrer la semaine prochaine dans la saison des résultats de sociétés avec un sentiment négatif, la question étant de savoir si les craintes sur le ralentissement économique pourront être atténuées par les prévisions chiffrées des groupes cotés.
Au sortir d'une très mauvaise semaine pour l'indice CAC 40 (-5,19% sur la semaine, -2,83% sur la seule journée de mardi), le manque de visibilité dont se plaignaient les opérateurs s'est mué en pessimisme.
"C'est vrai que le comportement des marchés a présenté certains aspects de panique", concède Jean-Paul Pierret, stratège boursier chez Dexia.
De nombreuses sociétés qui publient leur chiffre d'affaires annuel dans la semaine vont devoir affronter un contexte très difficile, où leurs objectifs pour 2008 seront scrutés avec inquiétude.
"Les publications pour l'exercice 2007 ne sont pas importantes: seules compteront les prévisions. Et celles des sociétés seront nécessairement prudentes", a jugé Tristan Abet, stratège boursier chez CA Cheuvreux.
Au sein du CAC 40, Essilor, L'Oréal et PPR jeudi, et Pernod-Ricard vendredi présenteront leur chiffre d'affaires, tandis que STMicroelectronics, Carrefour et Saint-Gobain publieront leurs résultats respectivement mardi, mercredi et jeudi. Les ventes de Schneider (mardi), Casino et TF1 (jeudi) sont également au programme.
"Dans ce contexte de marché, il vaut mieux ne rien dire: quand une société présente des objectifs ambitieux, les opérateurs les considèrent comme suspicieux, quand elle présente des objectifs à la baisse, les investisseurs ne sont pas contents...", prévient M. Abet.
"Où se situent les attentes du marché ? Personne dans le métier ne pense qu'il peut y avoir révision à la hausse des prévisions de bénéfices pour 2008. (...) Les opérateurs ont des anticipations implicites très, très basses", selon lui.
La banque helvétique UBS a confirmé vendredi dans une note cette humeur sombre.
"Pour les sociétés de la zone euro, l'expansion des marges bénéficiaires arrive à son terme", ont expliqué ses analystes, s'attendant à "une croissance des bénéfices par action tout juste au dessus de zéro cette année, alors que le consensus des analystes spécialisés par secteur économique est toujours à +9%".
Pour Jean-Paul Pierret, "l'ensemble du premier semestre 2008 va devoir solder des anticipations négatives" qui pèsent sur la confiance. "Mais le remède, on le connaît! Une baisse des taux d'intérêt n'a jamais manqué de relancer la machine, même si cela prend parfois un peu de temps", affirme-t-il.
La prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine a lieu le 30 janvier, même si la Fed peut faire bouger ses taux directeurs à tout moment. Les opérateurs attendent une détente monétaire importante, face aux signes persistants du ralentissement aux Etats-Unis qui ont fait plonger les marchés d'actions dans le monde entier dans la semaine.
En y ajoutant l'inflexibilité de la Banque centrale européenne sur ses taux directeurs, et les résultats catastrophiques des banques américaines Citigroup et Merrill Lynch, la tendance baissière du début du mois s'est amplifiée dans la semaine.
Les deux sociétés du CAC 40 qui ont publié leur chiffre d'affaires annuel, Accor et Alstom, ont reçu des commentaires positifs des analystes. Mais Alstom n'a que partiellement compensé un début d'année difficile (+4,12% après 13,1% perdus les deux semaines précédentes), et Accor a fini la semaine en baisse (-3,38%).
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Marchés boursiers : l'année de tous les dangers
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Pour l'année qui commence, les prévisions des stratèges boursiers passent d'un extrême à l'autre. Certains gestionnaires d'actifs voient l'indice parisien CAC 40 s'envoler de 15% quand d'autres l'imaginent s'enfoncer d'autant. Cela reflète le niveau d'incertitude qui règne sur l'avenir de la conjoncture économique et financière mondiale.
La plupart des spécialistes partent d'un scénario fondé sur une récession économique aux États-Unis. Les pessimistes anticipent ensuite un effet domino : la crise financière débouchant sur une baisse des prix de l'immobilier, entraînant une chute de la consommation des ménages sur fond de tensions inflationnistes. La contagion toucherait ensuite les marchés des pays émergents comme la Chine, les seuls qui ont tiré leur épingle du jeu en 2007.
En revanche, les plus optimistes tablent sur le savoir-faire de la banque centrale américaine, la Federal Reserve, pour sortir tout le monde de l'ornière. Une nouvelle baisse des taux constituerait à leurs yeux un facteur de soutien suffisant.
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17.01.2008
Lettre au Président de la République Nicolas Sarkozy
En ce début d’année, permettez-moi, Monsieur le Président de la République Française de vous présenter mes vœux de bonheur, de santé et de réussite dans vos réformes. J'ai l'honneur de vous écrire à nouveau pour vous faire part d'une situation inquiétante. Cette situation est celle de la jeunesse, dont le caractère le plus inquiétant est celui de la prise de drogue ou encore celui de la consommation d'alcool notamment chez les filles, et ce de plus en plus jeunes. Les statistiques prouvent que cette situation est réelle. Nous devons prendre conscience de ce fait qui est d'intérêt national, car la France de demain est en jeu. J'espère, Monsieur le Président de la République que dans le cadre de votre « politique de civilisation ".
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Mort du chanteur Carlos
Le chanteur Carlos, figure de la chanson d'humour française et fils de la pédopsychiatre Françoise Dolto, est mort jeudi matin à Paris à l'âge de 64 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris auprès de sa soeur Catherine Dolto-Tolitch.
"Carlos est décédé ce matin à 09h45 à l'hôpital Beaujon", à Clichy (Hauts-de-Seine), a-t-elle précisé à l'AFP.
"Il a été très courageux", a souligné sa soeur.
Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision.
"Carlos n'était pas seulement un ami, c'était mon grand frère. C'était un ami merveilleux, toujours gai, joyeux", a dit Sylivie Vartan à l'AFP.
Johnny Hallyday a confié sur RTL qu'il perdait son "frère", son "confident" et son "meilleur ami". "C'était mon frère. C'est une catastrophe (...). La vie est trop con", a déclaré Johnny Hallyday d'une voix émue.
"Carlos, on se connaît depuis qu'on a l'âge de 14 ans, on a à peu près le même âge tous les deux (64 ans, ndlr). C'est vrai qu'il était malade, il avait ce cancer du foie depuis quelques années maintenant. Mais il se soignait, je pensais vraiment qu'il allait s'en sortir", a ajouté le chanteur.
Carlos était une figure de la chanson française, qu'il a égayée avec son style rigolo et son apparence débonnaire.
Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).
Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto, la célèbre pédiatre et psychanalyste, et d'un père russe, Boris Dolto, il anime à l'adolescence les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame où il rencontre les frères Drucker, Michel et Jean, en 1957.
Deux ans plus tard, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Hallyday et Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972. Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le show-biz en 1962, en remplaçant au pied levé Lucien Morisse à Europe 1.
Au début de la décennie 70, il troque les chemises et polos stricts des années "mods" pour des liquettes bariolées d'éternel campeur.
Infatigable chanteur, il multiplie les galas-camping --pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972-- et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts, Europe 1.
Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Senor Météo" en 1975.
Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle. Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire --11 ans-- avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson.
Il se marie en 1978 mais il n'aura pas d'enfant.
En 1988, la psychanalyse est en deuil: Carlos dit adieu à sa mère. Il parraine par ailleurs un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois.
Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et au documentaire. A la fin des années 80, il profite de l'explosion du paysage audiovisuel français pour y imposer sur les chaines câblées Odyssée et Voyage ses films tournés à Madagascar, Tahiti ou Saint-Martin.
"Plus de la moitié est consacrée à la pêche proprement dite, le reste à la fête et au plaisir, qu'il s'agisse de la bouffe, de la musique ou de la danse", expliquait-il à l'AFP en 1999.
Ce gros garçon jovial et bon vivant a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997).
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