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17.05.2008
Alsace Moselle, des origines à nos jours
Au cœur de l’Europe, depuis vingt-cinq siècles, les régions aujourd’hui nommées Moselle et d’Alsace furent le lieu d’installation de Celtes, de Romains et de Germains. Les Serments de Strasbourg sont prononcés en 842 par deux petits-fils de Charlemagne (Charles le Chauve et Louis le Germanique) alliés contre un troisième (Lothaire). Ce sont les plus anciens documents conservés en langues tudesque et romane. Ils annoncent l’émergence de l’Empire germanique et du Royaume de France. Le Moyen Age est chaotique, marqué par la constitution d’entités politiques diverses et par une christianisation au moins officielle. La Moselle et l’Alsace développent une culture remarquable avec les mystiques rhénans, les humanistes de la Renaissance puis des Lumières, et des créations dans tous les domaines artistiques. Mais elles seront un des lieux de l’affrontement entre catholiques et protestants, et au centre de la rivalité franco-allemande. En 1552 le roi de France conquiers Metz. La guerre de trente ans est particulièrement atroce. Elle se conclu par les Traités de Westphalie en 1648 qui attribuent au roi de France les possessions alsaciennes de la dynastie impériale des Habsbourg. Strasbourg sera annexée en 1681. Enclave suisse, Mulhouse demandera en 1798 son rattachement à la France.
L’HEURE DU CHOIX
Depuis le rattachement à la France en 1918, les organisations laïques demandent que le bénéfice des lois de laïcisation de l’Ecole et de l’Etat soit étendu aux trois départements de Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Sans résultat à ce jour. Cette question a pris une acuité et un sens nouveaux avec la progression remarquable de l’islam dans les trois départements concernés. Culte non reconnu, il dépasse aujourd’hui deux des quatre cultes reconnus (juif et réformé) et talonne un autre (luthérien). Le nombre des personnes de culture musulmane est estimé à 120.000. Il faut aussi prendre en compte la baisse des pratiques religieuses et la hausse très importante des dispenses de cours de religion. La construction européenne est également un facteur, au moins indirect. La plupart de nos voisins sont organisés autour des notions de « droit des religions » (Staatskirchenrecht en Allemagne) et de « liberté religieuse », proches du droit local et différentes des notions françaises de laïcité, de liberté de conscience et de libre exercice des cultes. Depuis une dizaine d’années les colloques, les publications, les projets se sont multipliés. Nous sommes aujourd’hui à l’heure du choix. Soit le régime des cultes reconnus est étendu à l’islam. Soit les lois laïques sont appliquées sur tout le territoire national. Cette alternative peut paraître rudimentaire à ceux qui connaissent la complexité de la question. Il faudra pourtant la résoudre.
UNE HISTOIRE PARTICULIERE
Alors que le concordat de Bologne (signé en 1516) était en vigueur dans le royaume de France, le diocèse d’Alsace reste dans le cadre du concordat de Vienne (signé par l’Empereur en 1448). Dans un cas les évêques sont nommés par le roi, dans l’autre ils sont élus par les chanoines. Le culte luthérien était libre depuis les Traités de Westphalie. L’Edit de Nantes, comme sa révocation en 1685, ne concernaient pas la région. En 1784, des lettres patentes définirent une sorte de statut pour les juifs, considérés comme des étrangers. Lors de la tourmente révolutionnaire, c’est dans les salons de la mairie de Strasbourg que Rouget de Lisle compose le Chant de guerre de l’Armée du Rhin, qui sera rebaptisé Marseillaise. Les Mosellans et les Alsaciens partagent l’aventure commune : guerres, difficultés pour les cultes, fondation de la République, création des départements (Moselle, Haut-Rhin et Bas-Rhin)… Grande innovation due à Napoléon Bonaparte, une « Convention entre le Gouvernement français et sa sainteté Pie VII » dite « concordat » est échangée le 23 fructidor an IX (10 septembre 1801) ». A cette Convention sont liés des Articles organiques (77 traitant de l’Eglise catholique et 44 traitant des cultes protestants). Le 18 germinal An X (8 avril 1802), une « Loi relative à l’organisation des cultes » décrète que la Convention et les Articles organiques sont « promulgués et exécutés comme des lois de la République ». Le culte israélite sera pour sa part organisé par des décrets de 1808, 1831 et 1844.
LE DROIT LOCAL
En 1871, à la suite de la défaite de la France devant la Prusse, l’Alsace et une partie de la Lorraine, correspondant en gros au département de la Moselle, deviennent des terres d’Empire : Reichsland Elsass-Lothringen . Elles le demeureront jusqu’en 1918. Un droit local va ainsi se créer à partir de trois sources. Les lois françaises sont considérées comme un « droit provincial » dans le cadre du II° Reich qui était un Etat fédéral. Certaines sont maintenues en vigueur par les autorités allemandes, alors qu’elles sont abrogées en France (c’est le cas du concordat). Par ailleurs des lois allemandes sont introduites en Alsace et en Moselle (comme le Code local des Professions en 1900). Enfin des dispositions propres à la terre d'Empire sont adoptées (le régime local de la chasse en 1881). Après 1918, la législation française de l’époque est largement introduite, mais avec de notables exceptions. Aujourd’hui c’est le droit national qui prévaut. Mais le droit local en vigueur régit, au moins en partie, plusieurs domaines non négligeables : la législation sociale, les jours fériés, l’artisanat, la chasse, la publicité foncière, les associations, et même la justice… Deux autres domaines nous intéressent particulièrement : le statut scolaire et le régime des cultes. Puisque l’Alsace et la Moselle n’étaient pas françaises au moment des votes des grandes lois républicaines laïcisant l’Ecole, de 1880 à 1886, puis l’Etat, en 1905.
LE STATUT SCOLAIRE
Le statut scolaire local repose principalement sur la loi française du 15 mars 1850. C’est la fameuse « loi Falloux » selon le nom de son promoteur. La contradiction portée par Victor Hugo à l’Assemblée Nationale est restée dans toutes les mémoires républicaines. L’article 23 de cette loi impose « l’instruction morale et religieuse » dans les écoles primaires publiques. Une ordonnance du chancelier d’Empire de 1873 précise dans son article 10 que « dans toutes les écoles, l’enseignement et l’éducation doivent tendre à développer la religion, la moralité et le respect des pouvoirs établis et des lois ». L’enseignement secondaire public est également confessionnel, bien que le fondement juridique de cette pratique soit mal assuré. Un arrêt du Conseil d’Etat du 23 mai 1958 stipule que ce statut est applicable aux établissements d’enseignement technique publics. L’enseignement religieux est obligatoire, même si des dispenses sont accordées. Il s’agit de leçons doctrinales et non d’étude scientifique objective. Il fait partie intégrante du programme scolaire, à raison d’une heure par semaine dans l’enseignement primaire. Les enseignants de religion, à l’école comme dans les IUFM, et les professeurs des Facultés de théologie sont rémunérés par l’Education Nationale. Les facultés de théologie catholique et protestante sont des composantes de l’Université.
LE REGIME DES CULTES
Le régime local des cultes puise à d’autres sources législatives. La « Loi relative à l’organisation des cultes » du 18 germinal An X (8 avril 1802) est toujours en vigueur en Moselle et en Alsace. Elle a été abrogée en 1940 par la dictature nazie sans que le concordat allemand (Reichskonkordat) du 20 juillet 1933 ne soit introduit localement. Elle sera rétablie en 1944 à la Libération. Les cultes reconnus sont au nombre de quatre : le culte catholique, les deux cultes protestants : Eglise de la confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (ECAAL) et Eglise réformée d’Alsace et de Lorraine (ERAL) et le culte israélite. Ces cultes bénéficient d’un statut de droit public et d’un financement public qui génère un budget des cultes. Les ministres du culte (curés, évêques, pasteurs, rabbins…) sont rémunérés par le Ministère de l’intérieur. Leurs pensions de retraite sont versées par le Ministère de l’économie et des finances. Ils sont logés par les communes. Mais ils ne sont pas fonctionnaires. La gestion courante est assurée par des « établissements publics du culte » (cures, fabriques, menses épiscopales pour le culte catholique, conseils presbytéraux et concistoires pour les cultes protestants, concistoires pour le culte juif…). Ces établissements publics du culte sont autofinancés, mais les communes doivent combler les éventuels déficits. Comme en « France de l’intérieur », les édifices du culte sont entretenus par l’Etat et les collectivités locales, qui entretiennent ici d’autres édifices tels que séminaires, maisons diocésaines… Les autres cultes, principalement l’islam et diverses « Eglises libres », ne sont pas reconnus. Ce sont des associations ayant un statut de droit privé. Inscrits dans le registre des associations, les cultes non reconnus peuvent bénéficier notamment de soutiens communaux.
L’ENRACINEMENT
Les Alsaciens et les Mosellans sont massivement attachés au droit local, plus favorable sur certains points que la législation de la France « de l’intérieur ». Autant que ses diverses dispositions juridiques, c’est sa dimension culturelle qui l’enracine dans la population. Le droit local, y compris dans les deux domaines du statut scolaire et du régime des cultes, est une des grandes composantes de l’identité culturelle régionale. Le secret de celle-ci est à chercher autant dans les anciennes lois que dans le débat entre Ernest Renan et Théodor Mommsen à la fin du XIX° siècle (Qu’est-ce qu’une nation ?). Particulièrement riche, cette identité régionale est diverse et il faut au minimum distinguer entre la Moselle et l’Alsace. Comme toutes les identités, elle est à la fois réelle et mythique, un héritage et une construction. Objet de deux passions rivales, allemande et française, cette identité est à la fois forte et ambiguë. La langue, le dialecte, joue un rôle important. Du francique rhénan au haut alémanique, on peut repérer une quinzaine de variantes. Il est un dialecte germanique (Elsassich redde) dont la transcription écrite est l’Allemand standard. L’attachement à la République française est une constante toujours et largement réaffirmée, en payant le prix le plus lourd lors des deux dernières guerres. La présence culturelle religieuse est aussi une dimension à prendre en compte au delà des croyances ou incroyances individuelles, ou de l'augmentation des dispenses de cours de religion. Elle est mêlée depuis des siècles à la vie institutionnelle et artistique. Cet enracinement a un poids social déterminant.
L’HEURE DU CHOIX
Depuis le rattachement à la France en 1918, les organisations laïques demandent que le bénéfice des lois de laïcisation de l’Ecole et de l’Etat soit étendu aux trois départements de Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Sans résultat à ce jour. Cette question a pris une acuité et un sens nouveaux avec la progression remarquable de l’islam dans les trois départements concernés. Culte non reconnu, il dépasse aujourd’hui deux des quatre cultes reconnus (juif et réformé) et talonne un autre (luthérien). Le nombre des personnes de culture musulmane est estimé à 120.000. Il faut aussi prendre en compte la baisse des pratiques religieuses et la hausse très importante des dispenses de cours de religion. La construction européenne est également un facteur, au moins indirect. La plupart de nos voisins sont organisés autour des notions de « droit des religions » (Staatskirchenrecht en Allemagne) et de « liberté religieuse », proches du droit local et différentes des notions françaises de laïcité, de liberté de conscience et de libre exercice des cultes. Depuis une dizaine d’années les colloques, les publications, les projets se sont multipliés. Nous sommes aujourd’hui à l’heure du choix. Soit le régime des cultes reconnus est étendu à l’islam. Soit les lois laïques sont appliquées sur tout le territoire national. Cette alternative peut paraître rudimentaire à ceux qui connaissent la complexité de la question. Il faudra pourtant la résoudre.
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04.05.2008
Lancement du passeport biométrique, avec photo et empreintes digitales
Le passeport biométrique, contenant une photo et les empreintes digitales numérisées et dont les premiers exemplaires seront disponibles à l'automne, a été lancé officiellement par un décret paru le dimanche 4 mai au Journal officiel.
Le passeport biométrique, intitulé simplement "passeport", succédera progressivement au passeport électronique dont six millions d'exemplaires ont été fabriqués depuis le 13 avril 2006.
Conformément à un accord européen du 13 décembre 2004, les passeports biométriques français devront être disponibles avant le 28 juin 2009. D'ici là, 2.000 mairies seront équipées de machines gratuites qui enregistreront les photos et empreintes digitales numérisées insérées dans la puce de ces passeports.
Ce décret complète celui du 30 décembre 2005, pris pour les passeports électroniques, en y ajoutant l'obligation des empreintes digitales.
Il spécifie que "lors du dépôt de la demande de passeport il est procédé au recueil de l'image numérisée du visage et des empreintes digitales de huit doigts du demandeur. Les empreintes digitales des enfants de moins de six ans ne sont pas recueillies".
"A moins que le demandeur ne fournisse deux photographies d'identité de format 35X45 mm identiques, récentes et parfaitement ressemblantes, le représentant de face et tête nue, l'image de son visage est recueillie par la mise en oeuvre de dispositifs techniques appropriés", précise le décret.
Il stipule qu'"à titre exceptionnel et pour des motifs de nécessité impérieuse ou d'urgence dûment justifiée, il peut être délivré un passeport d'une durée de validité d'un an ne comportant pas de composant électronique (...)".
Le ministère de l'Intérieur va maintenant choisir, entre les quatre consortiums candidats à l'appel d'offres, le fabricant des 2.000 machines qui produiront et enregistreront photos et empreintes digitales numérisées pour la puce des passeports biométriques.
Cinq départements test (Nord, Oise, Aube, Gironde, Loire-Atlantique) accueilleront les premières machines cet automne, pour lancer les premières fabrications de passeports biométriques avec des normes conformes à celles de l'aviation civile internationale.
En juin 2009, 2.000 mairies - une vingtaine par département - seront équipées. Celles-ci devront désigner une personne pour la bonne marche de la machine. Dans ce cadre, le ministère de l'Intérieur allouera une indemnité forfaitaire annuelle de 3.250 euros à chaque mairie.
Les passeports biométriques, tout comme les passeports électroniques, seront confectionnés à l'Imprimerie nationale capable de fabriquer jusqu'à 20.000 passeports par jour. L'Imprimerie nationale fabrique de 2,5 millions à 3 millions de passeports par an.
Il y a actuellement 25 millions de passeports de tout type en circulation en France. Les passeports sont valables dix ans, sauf les passeports des mineurs de 16 ans qui ont une validité de cinq ans.
Le passeport biométrique inquiète les photographes professionnels, soit 10.000 cabines automatiques, type Photomaton, et 4.000 à 5.000 magasins photos, qui se partagent à parts quasiment égales le marché de la photographie d'identité.
Ils estiment que 15 à 25 % de leur chiffre d'affaires et plusieurs milliers d'emplois sont menacés. Ils ont annoncé leur intention de faire grève s'ils ne reçoivent pas de réponse du gouvernement à leurs craintes.
Pour tenter de les rassurer, le ministère de l'Intérieur assure que ces nouvelles machines ne délivreront pas de tirage photos sur papier.
20:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Etats-Unis: pour faire baisser les prix de l'essence, certains prient à la pompe
A une station d'essence Shell de Washington, une demi-douzaine de fidèles, les mains jointes et la tête courbée, prient avec ferveur pour que le prix de l'essence redescende.
"La semaine dernière à cette station, le gallon (3,78 litres) d'essence était à 3,51 dollars. Maintenant il est pratiquement à 3,60 dollars, cela fait 9 cents de plus en une semaine", s'exclame Rocky Twyman, qui a fondé la semaine dernière le groupe "la Prière à la pompe" pour implorer le ciel de faire baisser les prix.
"Seigneur tout puissant, viens à nous et donne-nous de la force pour que nous fassions baisser ces prix de l'essence trop chers", déclame M. Twyman, suivi par de fervents "amen" de ses acolytes.
"Mon Dieu, les prix ont monté à cette pompe depuis la semaine dernière. Nous savons que tu es capable, que tu as tous les pouvoirs du monde", continue-t-il avant que ses compagnons -- une ancienne Miss Washington, un petit entrepreneur, et deux bénévoles à la soupe populaire locale -- entonnent un chant: "Nous aurons une baisse de l'essence, nous aurons une baisse de l'essence !".
"La prière est la réponse à tous les problèmes. Nous appelons Dieu pour qu'il intervienne dans la vie de ces gens égoïstes et avides qui font monter les prix", explique-t-il.
Selon lui, avec la hausse des prix de l'énergie, "il y en a qui font beaucoup d'argent et c'est très, très mal".
Le week-end dernier, Rocky Twyman était à la tête d'un groupe de 200 personnes en prière devant des pompes à essence de San Francisco où le gallon atteint presque 4 dollars.
Pour Judy Dugan, de l'organisation de consommateur Consumer Watchdog, certains Américains en viennent à invoquer Dieu parce que le gouvernement ne semble pas se préoccuper de la flambée des prix: "C'est ce que vous finissez par faire quand vous n'avez personne à vos côtés et les consommateurs n'ont pas le gouvernement américain à leur côté, pour sûr".
Lors d'une audition jeudi au Congrès, élus et experts ont dépeint un sombre tableau des conséquences de la hausse des prix de l'essence et de l'alimentation, la plus forte depuis 17 ans.
Les Américains sont contraints d'adopter "un régime de récession", a déclaré la parlementaire Carolyn Maloney, soulignant que les ménages modestes remplaçaient désormais viande, poisson et légumes par des pâtes et des conserves.
Marcia Frazier-Foster a rejoint le groupe de prières parce que chaque jour elle fait un trajet de 53 km pour aller travailler: "Le coût de la nourriture a tellement augmenté. Ce qu'on nous donne à la banque alimentaire diminue. Le prix de l'essence a flambé et je dois dépenser plus pour mon trajet".
"Et pourtant, personne dans les hautes sphères n'est vraiment préoccupé par la hausse des prix de l'essence. Le président Bush ne croit même pas que nous soyons en récession", se plaint-elle avant de répéter les prières du guide: "ces prix vont tomber de la même manière que les murs de Jéricho sont tombés dans la Bible".
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