26.07.2008

Bitche perd le 57e RA

"La devise du 57e régiment d'artillerie c'est +Touches-y si tu oses+.

Eh bien à Paris ils ont osé après l'annonce du départ de 1.300 militaires et de leurs familles de la cité mosellane. A la terrasse de la Brasserie de la Poste, les commentaires inquiets ou désabusés se succèdent, allant de petits noms d'oiseaux aux gros soucis à se faire pour les commerces et pour la survie de groupes scolaires, plus d'un tiers de la population étant appelé à quitter Bitche d'ici l'été 2009.

Une commerçante estime la perte de clientèle à seulement 10% après le départ du régiment d'artillerie (RA) qui doit intervenir dès le milieu de l'année prochaine. Mais pour les métiers de bouche, ce sera plus dramatique avec des pertes escomptées de 3O%, selon Jean-Luc Moser, un assureur qui préside l'association des commerçants. Il explique que l'immobilier va chuter au détriment des militaires qui choisiront de vendre leur bien. "Mais surtout les artisans qui ont des contrats avec l'armée vont être obligés à terme de licencier", avance-t-il.


Autant dire que pour le maire (SE) Gérard Humbert, fraichement élu en mars, le départ du 57e RA est "un coup très sérieux". Il demande "rapidement des compensations" alors qu'une visite sur place du secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire, Hubert Falco, est annoncée pour lundi. L'élu exige que "des contrats particuliers" soient mis en place dans le cadre du plan Etat-Région. "Bien sûr Falco ne viendra pas avec des valises, mais il faudra examiner ce qu'il y a à faire sur le terrain et cela très rapidement", a-t-il indiqué à l'AFP. "Nous sommes les plus mal lotis dans l'Est de la France et les pouvoirs publics se doivent de réagir vite", souligne-t-il, en rappelant le poids économique et social du régiment qui compte 1.257 militaires, le plus souvent en famille, 120 personnels civils.


Son adjoint, Gérard Missler, est moins diplomate: "on nous abandonne, on n'est même pas venu nous voir alors que l'on a toujours été une ville de garnison avec la citadelle Vauban qui domine la ville et la ligne Maginot qui passe à côté". "C'est que nous sommes une des rares villes lorraines à avoir la Légion d'honneur", remise parce que les Bitchois ont refusé de se rendre à l'ennemi lors de la guerre de 1870-1871, explique cet adjoint avec une fierté que partagent de nombreux habitants. "Bitche sans uniforme, c'est pas pensable", prophétise une vielle dame.


Le régiment c'est plus que l'économie, c'est aussi "la dernière fierté" de la ville, estime Charles Stirnweiss, président de l'association des maires de Moselle, contacté par l'AFP. Ce conseiller régional (app-UMP) enfonce le clou: "lorsque les élus mosellans évoquent les disparitions d'emplois au fil de reconversions, on leur répond systématiquement: +mais vous avez les militaires+". "Or là on leur enlève justement ce qui leur reste d'identité et de fierté, leur Régiment".
Bitche avait déjà dû se séparer en 1997 du 4e Régiment de cuirassiers sans arriver à mettre en valeur ses friches, pourtant rachetées par la commune pour un demi-million d'euros.

13.07.2008

poème...LIBERTE

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom


Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom


Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom


Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom


Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom


Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom


Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom


Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom


Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom


Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom


Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.
Paul Eluard