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13.08.2008

Géorgie et Russie acceptent avec réserves le plan de paix négocié par Sarkozy

La Russie et la Géorgie ont accepté mardi le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy, qui prévoit le retrait de l'essentiel des forces russes et géorgiennes, Tbilissi excluant cependant toute discussion ultérieure sur le statut de ses territoires séparatistes.

Le président russe Dmitri Medvedev a ordonné mardi la fin des hostilités contre la Géorgie avant l'annonce dans la soirée que le plan de paix négocié par la France, présidente de l'UE, avait été accepté par les deux pays. Ce plan prévoit le retrait des forces russes et géorgiennes, et dont a été retirée toute mention de discussion sur le statut futur des territoires séparatistes géorgiens.

"Il y a un texte, il a été accepté à Moscou, il a été accepté ici en Géorgie (...), j'ai l'accord de tous les protagonistes", a dit le président Sarkozy mardi soir lors d'une conférence de presse commune à l'issue d'entretiens avec son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili à Tbilissi.

Ce "texte-cadre" sera présenté aux ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne mercredi à Bruxelles "pour qu'il soit soutenu et garanti" par l'UE, a précisé président français, qui s'était d'abord rendu dans la journée à Moscou. "Ce texte servira de base à la préparation d'un document juridique sous la forme d'une résolution qui sera déposée au Conseil de sécurité de l'Onu", a poursuivi M. Sarkozy.

Le président géorgien a pour sa part insisté sur le fait que la perspective de discussions ultérieures sur le statut de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud, initialement prévue par le texte en six points avait été écartée. "Nous ne voulons laisser aucun doute (sur le fait que) l'intégrité territoriale et l'appartenance de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie (les deux territoires séparatistes en question) à la Géorgie ne pourra jamais être mise en doute", a insisté le président géorgien.

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait déclaré samedi que la Géorgie avait porté un "coup mortel" à son intégrité territoriale en faisant entrer ses soldats la veille en Ossétie du Sud.

Du reste, a précisé M. Sarkozy, "dans l'attente d'un mécanisme international" sur la nécessité duquel insiste Tbilissi, les "forces de paix russes", vont pouvoir mettre en oeuvre "des mesures additionnelles de sécurité" dans "l'immédiate proximité de l'Ossétie du Sud", en territoire géorgien.

Le plan prévoit par ailleurs que les parties russe et géorgienne s'engagent à ne pas "recourir à la force", à "cesser les hostilités de façon définitive", assurer un "accès libre à l'aide humanitaire", que les forces géorgiennes doivent retourner "dans leur lieu habituel de cantonnement", tandis que l'armée russe doit se retirer "sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités".

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait averti que la Russie serait contrainte de prendre de nouvelles "mesures" contre la Géorgie, si celle-ci rejetait le plan de paix négocié par M. Sarkozy. Mikheïl Saakachvili est "tombé dans un piège grossier" en lançant une offensive militaire en Ossétie du Sud et il "a joué et perdu", a-t-on estimé dans l'entourage du président français Nicolas Sarkozy.

Les Etats-Unis avaient souligné que les opérations militaires russes en Géorgie devaient "vraiment s'arrêter maintenant", et ont annulé selon une source un exercice militaire conjoint qui devait se tenir du 15 au 23 août avec les Russes dans la mer du Japon.

Des milliers de Géorgiens manifestent leur soutien à Saakashvilii le 12 août 2008 devant le parlement à Tbilissi   

La médiation de Sarkozy
© 2008 AFP (Afp Infographie)

Avant d'accepter un accord, la Géorgie a annoncé quitter la Communauté des Etats indépendants, qui regroupe sous la houlette de la Russie douze des quinze ex-républiques soviétiques, et demandé une "assistance militaire" à l'Otan, notamment pour remplacer son système de radars détruit par l'offensive russe. Les perspectives pour la Géorgie d'une entrée à terme au sein de l'Alliance atlantique "sont maintenues", a affirmé le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer.

Par ailleurs, la Géorgie a porté plainte devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la Russie pour "nettoyage ethnique", a annoncé la CIJ dans la soirée.

Cinq dirigeants d'anciens pays communistes, la Pologne, l'Ukraine et les Etats baltes, étaient venus mardi soir à Tbilissi soutenir la Géorgie.Le temps de la domination russe "est passé" en Géorgie, a notamment lancé le président polonais Lech Kaczynski, devant des dizaines de milliers de personnes réunies devant le Parlement géorgien.

Sur le terrain, la situation est restée confuse mardi, les Russes accusant les Géorgiens ne ne pas respecter le cessez-le-feu, mais annonçant pour leur part avoir pris le contrôle de l'aéroport de Senaki, proche de l'Abkhazie, dans l'ouest de la Géorgie.

Deux journalistes, l'un géorgien et l'autre néerlandais, ont été tués dans le bombardement de la ville géorgienne de Gori, selon un photographe de l'AFP et la chaîne de télévision RTL pour laquelle travaillait le correspondant néerlandais.

"Nous avons de très lourdes pertes, une grande partie de nos équipements militaires et de notre armement a été détruit", les forces russes ont fait sauter mardi au moins trois navires de guerre dans le port géorgien de Poti, sur la mer Noire, a annoncé le Conseil de sécurité géorgien.

07.08.2008

Sir Winston Leonard Alexander Spencer Churchill

"Alors que le chien lève le regard vers vous et que le chat le baisse sur vous, le cochon vous regarde droit dans les yeux et voit un égal."

 

 
Winston Churchill

 

Winston Leonard Spencer Churchill naquit le 30 novembre 1874 au palais de Blenheim. Dans ses mémoires, il écrit que ce fut au palais de Blenheim qu'il prit « les deux décisions les plus importantes de ma vie : naître et me marier. Je n'ai jamais regretté aucune des deux. ». Il resta fidèle toute sa vie à ce palais, y retournant régulièrement, même pour sa lune de miel. Et c'est au cimetière de Bladon, juste à côté du château de ses ancêtres qu'il repose, à côté de ses parents.

Il était le fils aîné de Lord Randolph Churchill et de Jennie Jerome. Son père était lui même fils du 7e Duc de Marlborough, tandis que sa mère, était la deuxième fille d'un riche homme d'affaires new-yorkais, Leonard Jerome. Son milieu familial eut une influence bénéfique sur sa carrière militaire, puis politique. Il sut en effet utiliser toutes les ressources que lui offraient les liens familiaux pour se faire envoyer sur les fronts où, jeune soldat, il était sûr de trouver la gloire qu'il recherchait avidement. Lorsqu'il débuta en politique, ce fut son cousin, le duc de Marlborough en titre qui paya tous ses frais de campagne.

Winston Churchill commença ses études à Harrow school, une public school très cotée. Malgré ses affirmations dans ses Mémoires, il n'y eut pas de si mauvais résultats scolaires que cela. Il aimait à se présenter comme un enfant mal aimé, handicapé par une éducation limitée, ce qui lui permettait de passer pour un homme dont la réussite n'était due qu'à ses efforts solitaires. À Harrow school, il fut cependant dirigé vers la section militaire, là où on envoyait les moins intelligents des élèves. Il s'y reprit à trois fois pour entrer dans l'Académie militaire de Sandhurst. Il devint Lieutenant du « 4e régiment de hussards de la Reine » en 1895, juste après la mort de son père.

Huit mois après avoir été nommé officier, il fut envoyé comme observateur à Cuba alors déchiré par la guerre hispano-américaine. Il en profita pour envoyer des comptes rendus sur les opérations au Daily Telegraph, et ainsi se faire un peu d'argent. Tant qu'il le put, il essaya de combiner ses obligations d'officier d'active avec celles de correspondant de guerre. Il utilisa alors toutes les ressources de ses relations familiales pour se faire envoyer là où il se passait quelque chose.

  • À la frontière nord ouest de l'Inde en 1897, que l'Empire britannique consolidait depuis 1879, il participa à la conquête de la Birmanie. Au cours de son séjour en Inde, il compléta son éducation par la lecture de philosophes grecs et d'historiens classiques. Churchill en tira une très profonde culture historique qui lui servit toute sa vie.
  • Au Soudan en 1898, lorsque l'armée de Lord Kitchener en fit la conquête pour assurer la sécurité de l'Égypte, il s'illustra à Omdurman au cours de la dernière charge de cavalerie de l'Empire Britannique (et une des dernières qu'ait connue l'histoire militaire).

En 1899, il quitta l'armée et se présenta à une élection législative partielle à Oldham. Candidat du Parti conservateur, il y fut battu. Il partit alors en Afrique du Sud où il fut correspondant de guerre pour le Daily Telegraph. Les possessions britanniques encerclaient alors le Transvaal, pays appartenant aux descendants des colons hollandais, les Boers. L'attrait de l'or et des diamants que renfermait cette région amena une guerre entre le Royaume-Uni et les Boers. Elle dura de 1899 à 190, et se termina par l'annexion des territoires Boers à l'Empire. Winston Churchill fut fait prisonnier par les Boers (1899) après que le train blindé dans lequel il voyageait eut déraillé près de Colenso. Son évasion spectaculaire lui valut de faire la une des journaux du monde entier. Ses expériences sur ces divers fronts lui permirent d'écrire quatre livres et de faire un certain nombre de conférences. Il en profita pour dénoncer la faiblesse de l'organisation de l'armée britannique, ce qui déclencha la première polémique de sa carrière dont il sera à l'origine. Il avait pu économiser 10 000 livres en 1901, une somme élevée pour l'époque.

Le 12 septembre 1908, il épousa en l'église Saint-Margaret de Westminster Clémentine Hozier (1885-1977), issue de la petite noblesse terrienne et cousine des celèbres soeurs Mitford, avec qui il eut un fils (Randolph) et 4 filles, dont une mourut en bas âge.

En 1900, il fut élu pour la première fois au Parlement, en tant que député conservateur de la circonscription d’Oldham. Ensuite, lors de l'élection de 1904, il fut réélu, mais cette fois en tant que député du parti libéral. Il occupa le poste de ministre du Commerce en 1908. En 1909, Churchill se brouilla avec sa famille et son milieu social par sa prise de position en faveur du People's Budget qui augmentait considérablement l'impôt sur les successions des Lords. Puis, en 1910-1911, il fut ministre de l'Intérieur. Il décida des réformes pour humaniser la justice, notamment en supprimant la prison pour dettes et l'usage du fouet contre les détenus. Durant cette période, il tissa d'étroits liens avec David Lloyd George. Finalement, en 1911, juste avant le premier conflit mondial, il fut nommé Premier Lord de l'Amirauté, et de 1911 à 1915, il modernisa considérablement la flotte britannique. En 1913, il ajoute une provision à la loi sur les handicapés mentaux, qui instaure un programme de stérilisations contraintes à des fins eugéniques.

En juillet 1914, Churchill reçut Albert Ballin, président de la Hamburg-Amerika Line et le mit en garde contre une possible intervention britannique en ces termes : « Mon cher ami, ne nous obligez pas à entrer en guerre ! » lui déclara-t-il. Cependant, le Cabinet britannique était divisé sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la crise : Churchill était un partisan déterminé de la France, Lloyd George, chancelier de l'Échiquier, un partisan déterminé de la neutralité, Sir Edward Grey, secrétaire au Foreign Office penchait plutôt pour la France, quant au Premier ministre Asquith, il se gardait bien de prendre position. Sans obtenir l'accord préalable du Cabinet, comme l'exigeait Lloyd George, Churchill mobilisa la flotte, rappela 40 000 réservistes et l'envoya de la Manche en mer du Nord pour éviter un raid de la flotte du Reich dans la Manche. En effet, Churchill craignait à la fois l'impossibilité pour la Grande-Bretagne de venir en aide à la France et la possibilité pour l'amiral Alfred von Tirpitz de rééditer le raid de l'amiral Togo à Port-Arthur en 1904 en attaquant par surprise la marine britannique. À ce sujet, Churchill déclara : « Le commandant de la Home Fleet est le seul qui puisse perdre la guerre en une après-midi ! ». Quand cette mobilisation fut connue, soit le Cabinet ratifiait la décision de Churchill, soit le gouvernement tombait, ce qui aurait donné une fâcheuse impression d'indécision dans une crise si grave. Les partisans de l'intervention l'emportèrent, les pacifistes s'inclinèrent et les plus résolus d'entre-eux démissionnèrent ; à la suite de quoi, le secrétaire au Foreign Office adressa un ultimatum à l'Allemagne pour qu'elle évacue immédiatement la Belgique.

La Première Guerre mondiale ne fut pas la plus heureuse pour Winston Churchill. Il y eut un rôle très controversé qui faillit mettre fin à sa carrière. Churchill, alors pressé par les Russes qui voulaient voir la pression turque dans le Caucase diminuer, et soucieux de contourner l'impasse sanglante du front occidental, proposa d'organiser une grande expédition, l'expédition des Dardanelles. L'offensive lancée par un commandement allié timoré, échoua le 18 mars 1915 devant Canakkale. C'est alors que l'on ordonna une invasion par voie terrestre. Quatre divisions britanniques débarquèrent au cap Helles. Ils essayèrent d’établir une tête de pont à la presque île de Gallipoli, mais suite à trois terribles affrontements, les soldats furent rappelés. On tenta un second débarquement, cette fois au cap Sulva. Encore une fois, ce nouveau plan ne fonctionna pas, et le 9 janvier 1916, on évacua les troupes alliées. L'expédition des Dardanelles se solda par 144 000 blessés ou tués. Ce monumental échec força Churchill, bouc émissaire, à quitter son poste de premier Lord de l'Amirauté.

Après sa démission, il commanda un bataillon en France. Avant la fin de la guerre, il fut rapatrié au Royaume-Uni et devint secrétaire à la guerre de 1917 à 1922.

L’entre-deux-guerres

Après la Grande Guerre, il se prononce pour une réconciliation avec l'Allemagne (contrairement à Lloyd George et Georges Clemenceau) et dénonce par ailleurs le bolchevisme (ou communisme) qui a pris le pouvoir en Russie. Il avertit : « De toutes les tyrannies de l'Histoire, la tyrannie bolchevique est la pire, la plus dévastatrice, la plus avilissante » Plus tard, il comparera même les Bolcheviks à « une bande de babouins sanguinaires dansant sur des ruines fumantes ! ». Cette annonce avait pour but de sensibiliser la planète aux évènements qui avaient lieu en Russie.

Clemenceau a eu de lui cette appréciation prémonitoire : « C'est un brave homme, bizarre mais intelligent. Je le crois capable de faire de grandes choses » - confidence faite en 1929 au directeur du journal La Nation belge (cité par Gilbert Prouteau, Le Dernier Défi de Georges Clemenceau, éditions France-Empire, 1979, p.239).

En 1921, Churchill devint secrétaire d'État aux colonies et eut deux problèmes particulièrement épineux à régler : la Question d'Irlande et le Proche-Orient.

En Irlande, il pratiqua d'abord une politique de répression très ferme contre le Sinn Féin, en recrutant des supplétifs appelés Black and Tans qui y semèrent la terreur. Puis, comme il le montra plusieurs fois dans sa vie, il changea d'avis et engagea une négociation avec Michael Collins, un des leaders de l'IRA et il fut le principal artisan du Traité Anglo-Irlandais de 1921 qui permit la naissance de l'Etat Libre d'Irlande. Pour amadouer Collins, très remonté contre lui, et qui lui reprochait d'avoir mis sa tête à prix pour 5 000 £, Churchill lui montra l'affiche émise par le gouvernement du Transvaal en 1899 qui promettait 25 £ de récompense pour sa capture, en lui disant que lui-même évaluait Collins 200 fois ce que les Boers l'avaient évalué !

Au Proche-Orient, il eut à gérer la déception des Arabes et de Hussein, Chérif de La Mecque, qui n'admettaient pas la violation des promesse prodiguées par Lawrence, au nom de la Grande-Bretagne et qui substituait une domination britannique à une domination ottomane. Churchill prit Lawrence comme conseiller. Celui-ci lui fit adopter trois mesures pour apaiser les tensions : retirer le contrôle de la Mésopotamie (Irak et Koweit) à l'India Office, transformer le mandat de la SDN à la Grande-Bretagne sur l'Irak en traité d'alliance, remplacer l'armée de terre britannique, perçue par les Arabes comme force d'occupation, par la RAF, plus discrète et aussi efficace.

De 1922 à 1924, il fut éloigné du parlement à la suite de l'effondrement du parti libéral. En 1924, il revient de nouveau en tant que député conservateur, il occupe alors le poste de chancelier de l'Échiquier du gouvernement et prit la désastreuse décision de rattacher à nouveau la livre sterling à l'or, ce qui provoqua une récession catastrophique. L'économiste Keynes en tira un pamphlet Les Conséquences économiques de M. Churchill.

Un peu plus tard, en 1926, il contribue fortement, par des apparitions publiques, à déclencher la crise sociale, durant laquelle il combattit farouchement les syndicats. Il fut de nouveau écarté du parlement en 1929 à cause de la défaite des conservateurs. Atteint d'une crise d'appendicite, il ne put faire campagne ; aussi, après sa défaite, il eut le mot « Je me suis retrouvé en quelques jours sans siège au Parlement, sans amis politiques et… sans appendice! ».

Durant les années trente, il se consacra surtout à l'écriture. Churchill restera un journaliste rentré toute sa vie. Il écrira quantité d'articles ou tiendra des conférences sur tous les sujets, aussi bien sur ce qui lui tenait à cœur que sur n'importe quoi. En effet, son train de vie de sybarite (champagne, whisky, cigares, table ouverte à beaucoup de monde) lui coûtait fort cher. Il écrira même un roman, tout en conseillant vivement à ses amis, non sans humour, de ne pas le lire.

Pendant cette « traversée du désert » Churchill profita de sa notoriété pour constituer un réseau d'informateurs issus de la haute fonction publique et nourrir ainsi ses interventions aux Communes ainsi que ses conférences, principalement sur le danger nazi. Le fonctionnement de ce réseau était semi-clandestin et ses informateurs auraient été certainement destitués si les gouvernements successifs l'avaient découvert. Le général de Gaulle, entre 1946 et 1958, constitua un réseau comparable d'informateurs privés au sein de la haute fonction publique qui le tenait au courant des progrès de la recherche nucléaire à but militaire.

Il s'opposa à l'autonomie des Indes en traitant à cette occasion Gandhi de « fakir à demi nu » et il soutiendra Édouard VIII lors de la crise d'abdication de 1936 avant de changer d'avis à son sujet et de l'éloigner comme Gouverneur des Bahamas en 1940, parce qu'il craignait qu'il ne soit manipulé par Hitler ou les pacifistes. Il se rendit vite compte de la menace nazie pour le Royaume-Uni, et lors du débat sur le budget de la Défense pour 1936 et 1937, alors en réserve du Royaume, il estima qu'il convenait d'augmenter les crédits militaires d'au moins 50 millions de livres sterling (+ 40 %) car : « Aussi pacifique qu'il puisse être, le gouvernement allemand doit faire face à un terrible dilemme. Aller de l'avant, c'est la banqueroute. Arrêter le mouvement, c'est un chômage sans précédent. L'Allemagne ne dispose d'aucun moyen de rechange pour utiliser sa main-d'œuvre : ni le moyen de commercer avec des colonies, ni celui de faire la conquête pacifique de marchés ».

En septembre 1938, il plaida pour une action de la France, du Royaume-Uni et de l'URSS pendant la crise tchèque. Il condamna les accords de Munich signés par Neville Chamberlain et prononca au Parlement un de ses plus célèbres discours au cours duquel il a prononcé cette phrase : « On vous a donné le choix entre le déshonneur et la guerre ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ». Il fut le premier à insister sur un véritable réarmement. Il n'obtint pas tout de suite la faveur populaire, mais il rallia un soutien grandissant.

En 1939, à la suite de la déclaration de guerre à l'Allemagne après que celle-ci eut envahi la Pologne, Chamberlain dut le nommer, pour la seconde fois, premier Lord de l'Amirauté. Moins de trente minutes après sa nomination, tous les bâtiments de la flotte britannique avaient reçu le message « Winston is Back ! ».

Suite aux débuts boiteux des alliés, mais surtout à cause de son propre débarquement à Narvik qui visait à couper la route du fer aux Allemands, et qui, à l’instar de Gallipoli, n’avait pas réussi, il fut, le 10 mai 1940, nommé Premier ministre. En effet, Neville Chamberlain assuma la responsabilité de l'échec et offrit sa démission, blanchissant Churchill par la même occasion et laissant à ce guerrier né la mission de conduire la guerre. Durant les jours sombres de la bataille d'Angleterre, les discours passionnés de Churchill poussèrent les Britanniques à poursuivre la lutte. Pour être tout à fait sûr que la flotte française ne tombe pas entre les mains des Allemands, il ordonna que l'on attaque la flotte de l'Atlantique à l'ancre à Mers el Kébir. Il développa une collaboration fructueuse avec le président Roosevelt, qui lui procura un soutien militaire et moral important de la part des États-Unis. Pendant toute la guerre, il occupa une place importante dans la coordination militaire alliée. Il fut, à l'instar de Dwight D. Eisenhower, réticent à lancer les troupes sur le mur de l'Atlantique car il redoutait une faille dans le secret du plan : si cela s’était produit, les troupes lors du débarquement de Normandie se seraient dirigées vers la mort, comme cela s'était produit lors de la bataille des Dardanelles. Malgré tout, le secret de l'expédition fut bien gardé et les troupes prirent pied peu à peu en France, la Luftwaffe clouée au sol.

Dans les conférences de paix alliées, Churchill occupa un rôle de premier plan. Cependant, il ne participa qu'aux premières négociations de Potsdam, car il ne fut pas réélu aux élections de juillet 1945. Il critiqua fortement les réformes de l'État providence instaurées par son successeur Clement Attlee. Lors de son célèbre discours de 1946 à Fulton, au Missouri, il mit en garde le monde libre contre l'expansionnisme soviétique et inventa l'expression du « rideau de fer ».

Il est également le premier à avoir remis à l'ordre du jour l'idée hugolienne des « États-Unis d'Europe» lors d'un discours à Zurich le 19 septembre 1946 et il présida le Congrès de la Haye en 1948 puis le Mouvement européen.

Le 1er janvier 2006, des documents d'archives datant de 1942 à 1945 sont rendus publics, dans lesquels des discussions entre cabinets gouvernementaux sont détaillées. Ils révèlent que Winston Churchill, en avril 1945, avait envisagé une condamnation à mort par chaise électrique et sans procès à l'égard d'Hitler et des principaux dirigeants nazis, s'ils étaient capturés vivants. Par ailleurs, en janvier 1943, Winston Churchill a émis l'idée de laisser mourir Gandhi si ce dernier faisait une grève de la faim alors qu'il était prisonnier des Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale.

Il fut rétabli au poste de premier ministre de 1951 à 1955, mais sa santé défaillante l’empêcha de diriger le pays de façon aussi dynamique que lors de son premier mandat. Après 1955, Churchill consacra ses dernières années à la peinture et à l’écriture.

Il mourut le 24 janvier 1965, à l’âge de 90 ans. Des funérailles nationales furent organisées en son honneur, celles-ci avaient été planifiées depuis plusieurs années sous le nom de code "Hope Not". Les funérailles nationales sont en principe réservés aux seuls monarques de la couronne britannique.

Il est enterré dans la tombe familiale de Bladon, à seulement quelques kilomètres du palais de Blenheim, son lieu de naissance.

En 1932, Churchill participe à une anthologie d'uchronies dirigée par Johan Squires. Il compose un texte novateur pour le thème du changement du cours de l'histoire : "Si Lee avait gagné la bataille de Gettysburg". Il imagine un monde dans lequel les Confédérés ont remporté la guerre de Sécession. Dans ce monde, il met en scène un historien sudiste qui imagine ce que serait le monde si les Nordistes avaient gagné la guerre.

Il a reçu en 1953 le prix Nobel de littérature pour son œuvre d'historien et de mémorialiste, pour ses qualités d'orateur, et sans doute surtout comme hommage à celui qui a mené la résistance britannique pendant la guerre. À cette occasion, le roi de Suède déclara: « Heureusement qu'il n'y a pas de prix Nobel de peinture, on aurait été obligé de le lui donner ! ».

En 1963, il devient citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique. Il est le premier à recevoir cette distinction

 

05.08.2008

La tour Eiffel se met au vert

Économies d'énergie obligent, à partir de cet automne, le monument scintillera deux fois moins longtemps. Mais, pour préserver son attractivité, un plan d'aménagement et d'accueil est mis en place.

Il n'est pas facile pour une vieille dame qui fêtera ses 120 ans en 2009 de recevoir près de sept millions de visiteurs annuels. Le succès sans cesse croissant de la tour Eiffel l'oblige même à revoir régulièrement son système d'accueil. Propriétaire, la Ville de Paris a donc mandaté la Société d'exploitation de l'édifice (SETE) pour conduire toute une série d'améliorations de ses services et de ses espaces, du rez-de-chaussée au dernier étage. Quelque 170 millions d'euros sont consacrés à ce plan sur dix ans.

«La nouvelle politique privilégie la qualité et non plus seulement la quantité», annonce Jean-Bernard Bros, président de la SETE et adjoint au tourisme. Puisque la découverte de la Tour est une expérience incontournable, la Mairie et la SETE vont d'abord moderniser les guichets et le parvis. Les nombreuses caisses dispersées, qui créent de longues files d'attente, vont être regroupées. La vente en ligne, déjà possible, sera encouragée.

Sous la gigantesque jupe de fer, on trouvera bientôt une consigne pour les poussettes, des lieux de restauration et un point d'information. La SETE prévoit également de nombreuses rénovations techniques comme l'installation d'ascenseurs hydrauliques qui remplaceront les électriques. Ils seront dotés d'un accès facilité aux personnes handicapées.

Dans les étages, de nouveaux services se déploient : une terrasse d'été aux couleurs changeantes cette année elle est bleu Atlantique , un bar à champagne (10 € la coupe) au troisième pour goûter l'ivresse du sommet, un restaurant rénové au premier, des boutiques de cadeaux-souvenirs plus spacieuses. Enfin, plusieurs expositions sont prévues pour cet hiver. «Le prix dubillet n'augmentera qu'au rythme de l'inflation, en revanche la SETE cherchera à doubler les recettes de consommation par visiteur», note Jean-Bernard Bros. Emblématique à plus d'un titre, la Tour sedoit surtout d'économiser de l'énergie. Aussisacrifiera-t-elle à l'automne cinq minutes sur lesdix actuelles de son scintillement, toutes lesheures. En somme, le chef-d'œuvre deGustave se met au vert. Le développementdurable est ici aussi, au sein de ceprototype de l'ère industrielle,à l'ordre du jour.

 

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