03.09.2009

Vincent Schmitt pose une réflexion à tous les élus...

Par le présent, je souhaite éveiller les consciences, apporter une réflexion pour la mise en place de casiers ou d'armoires dans les écoles maternelles et primaires pour soulager les enfants sous le poids des cartables et sacs d'écoles.

Fatigue, muscles endoloris, maux de dos (incluant la déformation de la colonne vertébrale), engourdissements et douleurs aux articulations ne sont que certains des effects directs des sacs d’écoles trop lourds.

Alors que les adultes se promènent avec des clés USB de 16 Go, des téléphones mobiles avec 8 Go de mémoire, un iPod de 160 Go et lorsque nécessaire, un ordinateur portatif avec un disque dur de 320 Go pour trimbaler tous leurs documents sous formats électronique, les enfants semblent pris au piège du sac d’école surchargé qui, jour après jour, leur cause beaucoup de maux pourtant faciles à éviter.

 1 - L'avis unanime du corps médical.

 

Le poids des cartables a une incidence directe sur la santé de la colonne vertébrale des enfants. Les scolioses (courbure latérale de la colonne) résultent du port d'un cartable excessivement lourd. Les professionnels estiment que ce poids ne devrait pas dépasser 
10 % de celui de l'enfant. Ce n'est presque jamais le cas du primaire au secondaire. 
La maîtrise du poids des cartables est un enjeux de santé publique.
 
  1 enfant sur 3 consultant en kinésithérapie présente une douleur liée au port du cartable. Seule la radiographie permet de constater un début de dégénérescence discale ou des troubles de croissance rachidienne.

Selon le Dr André Lespine, rhumatologue à l'hôpital Edouard Hériot de Lyon, le problème du cartable n'est pas le seul élément qui intervienne à l'origine des dorso lombalgies posturales qui touchent un tiers des enfants en 6ème et les deux tiers en seconde, avec une prévalence chez les filles. Il a tendance à occulter les autres facteurs comme le manque d'activité physique et d'hygiène posturale ainsi que le temps passé en position assise sur des mobiliers inadaptés : en moyenne 6h/ jour.
Le port du cartable représente une activité physique à part entière, parfois la seule de la journée. Pour autant, un poids excessif est néfaste :

au-delà de 20% du poids de l'enfant, cela représente un risque.

 

2 - Combien pèse un cartable ?

 

 Le poids du cartable d'un enfant de 6éme représente en moyenne entre 27 et 36 % de son propre poids selon qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon et que le cartable pèse 10 ou 12 kilos. S'agissant d'enfants de moindre constitution, proportion peut avoisiner 50 % du poids !

 

 Dans une étude réalisée en 1997 par le Docteur VAILLANT, kinésithérapeute au CHU de Grenoble, les moyennes constatées sur un échantillon de 96 élèves de 6eme sont de 6,4 Kg et 15,3% du poids des enfants (fourchettes de poids : 5 à 8 Kg et ratio poids du cartable/ poids de l'enfant : de 5 à 32 %). Source : II éme congrès de l'AFLAR, 24-25 novembre 1997. http://www.france-asso.com/kourir/bull14/aflar.htm...

 

 Selon une récente étude, plus de la moitié des ados (51,2% dont 43,2% de garçons et jusqu'à 58,1% de filles) souffrent de rachialgies, douleurs liées à la colonne vertébrale. Ce mal croît avec l'âge, surtout à partir de douze ans, et les chiffres culminent à seize ans où 84,1% des jeunes sont concernés, dont 79,6% des garçons et jusqu'à 89,3% des filles.

Le port du cartable à la main est la façon la plus dangereuse de le tenir (68,6% de ceux qui le portent ainsi ont des douleurs), mais le port sur l'épaule, privilégié par les ados, n'est pas non plus conseillé (53,7% de cas de douleurs), alors que le port sur le dos est moins nocif (45% de cas de douleurs).

 

 Pour un porteur adulte, ces proportions de 27 ou 36 % représentent des charges allant de 13,5 à 29 kilos...

Ces chiffres sont issus :

§     des données INSERM sur les courbes de poids des enfants

§     de la pesée de cartables réalisée en 1998 dans un collège .

 

Il n'est pas du tout certain que les enseignants accepteraient cette situation sans s'en plaindre, à bon droit, à leur administration ...
 

http://www.humanite.presse.fr/journal/1997/1997-08/1997-08-28/1997-08-28-010.html

3 - ce que signifie le "poids" du cartable.

 

Nous empruntons cette analyse à Jean Prod'hom, enseignant en charge d'une classe d'élèves de 12 à 14 ans (collèges de Bretigny-Cugy-Froideville-Mont sur Lausanne et Morrens)

Son étude sur le poids des sacs montre que les élèves portent régulièrement entre 2 et 8 Kg sur le dos, poids variant selon les jours de la semaine et ... l'humeur du moment !

A la question "Que peut-il bien y avoir de si lourd dans le cartable d'un élève ? " il répond : "des signes et des symboles" .

En effet, l'élève porte le sac de la maison à l'école et de l'école à la maison. Aux deux extrémités il y a un adulte:

D'un coté, un enseignant avec une école qui a une tendance à instrumentaliser les problèmes, à matérialiser la connaissance: les livres et classeurs deviennent les "signes de la connaissance" . Il y a une confusion entre le travail fait et l'objectif atteint. Or l'objectif de l'école est de comprendre et non de faire.

De l'autre coté, un parent, le plus souvent soucieux de l'avenir de son enfant et qui demande des devoirs à la maison afin de pouvoir "suivre" le processus d'acquisition des connaissances de son enfant.

Le sac d'école devient alors un "signe de travail" et est rempli de matériel de travail. Il transporte deux grands symboles:

Il transporte les signes: ce qui n'a pas été terminé de l'école vers la maison. Le risque : la maison devient le lieu de l'instruction scolaire, et il transporte de la maison vers l'école les signes du travail, poids de l'anxiété des parents face à l'école, matérialisée par la demande de devoirs à la maison.

Il transporte le poids du temps qui n'a pas été donné à l'enfant pour faire son travail de mise à jour, ce qui génère des sacs souvent lourds à porter: Il prend des livres de la maison vers l'école car s'il a du temps il fera des maths,  il prend du travail de l'école vers la maison pour travailler après l'école, mais à aucun moment il ne prend le temps de prévoir, de s'organiser.  Or, pour que l'objectif du "plan de travail" soit atteint, il est impératif de laisser du temps à l'enfant pour s'organiser. Et ces marges doivent être intégrées dans le temps de travail.Autrement dit, les enfants sont invités, chaque jour, à un « diner de conet jusqu'à 89,3% des filles.s » où ils font les frais —avec leur santé— du manque de considération des enseignants, des directeurs et des concepteurs de programmes éducationnels.

L’intérêt des enfants doit toujours primer, qu’importe la situation, lorsqu’il est question d’éducation. Malheureusement, on assiste à un véritable effondrement du sens des responsabilités du réseau scolaire qui, faute de jugement ou de volonté, continue d’attaquer la santé de nos enfants.

Et vous, comment réagissez-vous lorsque vous voyez des enfants qu’on surcharge de livres, comme de vulgaires mules?