24.08.2009

Les Bourses atteignent des plus hauts annuels

L'euphorie estivale semble ne pas vouloir retomber. Les Bourses ont fini la semaine en fanfare à l'image du CAC 40 qui atteint un nouveau plus haut annuel. Toutefois, à court terme, la prudence reste de mise.

Le CAC 40 a terminé vendredi au-dessus des 3.600 points, son plus haut niveau depuis janvier.

L'indice large européen, le DJ Stoxx 600, a renoué avec ses niveaux d'octobre 2008, grâce à son gain hebdomadaire de 2,7%.

Le Dow Jones lui est passé au-dessus des 9.500 points, au plus haut depuis novembre, et le S&P 500 s'est adjugé 2,2 % sur la semaine, terminant vendredi sur ses niveaux d'il y a environ dix mois.

Des indicateurs économiques encourageants

Au-delà de l'avancée des cours de l'or noir, favorable aux valeurs pétrolières qui pèsent lourd dans les indices, les marchés ont profité des statistiques rassurantes sur le marché immobilier aux Etats-Unis, au coeur de la crise.

Les reventes de logements ont encore augmenté en juillet, bondissant de 7,2 %, au-delà des attentes.

Les investisseurs n'ont retenu que les propos rassurants d'un Ben Bernanke encore prudent à Jackson Hole . Le président de Réserve fédérale a jugé que l'économie des Etats-Unis semblait se stabiliser, avec de bonnes perspectives de reprise à court terme, mais s'est pourtant gardé de tout excès d'optimisme.

Les places européennes ont aussi bénéficié de la publication d'indices PMI en France et en Allemagne ainsi qu'en zone euro meilleurs que prévu.

En zone euro, l'indice composite des directeurs d'achats a atteint un plus haut depuis quinze mois, au seuil symbolique de 50 points, signalant que l'activité a arrêté de se contracter.

Risque de "pause technique"

Dans ce contexte, une large partie des stratégistes et gérants anticipent une poursuite du mouvement haussier des Bourses. Toutefois, à court terme, les indices pourraient marquer une pause, les turbulences de lundi dernier ayant rappelé la fragilité d'un marché qui affiche un rebond estival spectaculaire.

"Même si la tendance semble partie pour retrouver les niveaux d'avant la faillite de Lehman, le marché reste vulnérable à une pause technique de 3 % à 7 %. Le rythme de hausse est devenu trop important : le marché est suracheté", s'inquiète Romain Boscher, directeur de la gestion actions de Groupama AM.

"Le mois de septembre n'est traditionnellement pas favorable aux actions, avec un creux dans la publication des profits - deux tiers des trimestriels ont été publiés en Europe et la quasi-totalité des américains - et la rentrée peut donner lieu à des modifications de portefeuilles", ajoute Charles Dautresme, stratégiste d'AXA IM.

Certaine prudence

L'agenda macroéconomique hebdomadaire, relativement riche, fournira de précieuses indications pour alimenter ou, au contraire, stopper le rallye.

Les investisseurs attendent aux Etats-Unis l'indice de confiance du consommateur du Conference Board, alors que c'est le consommateur américain qui avait provoqué un accès de faiblesse des marchés il y a un peu plus d'une semaine.

Ils analyseront ainsi, avec attention, le PIB du deuxième trimestre ainsi que d'autres données relatives à la confiance, au revenu et à la consommation des ménages.

Plusieurs autres indicateurs comme les ventes de logements neufs et les prix immobiliers seront également surveillés, pour confirmer - ou pas - l'amélioration.

En Europe, les opérateurs regarderont notamment l'indice IFO en Allemagne, ainsi que les PIB du deuxième trimestre en Allemagne et au Royaume-Uni.

"La plupart des pays renouent avec la croissance, reflet de l'efficacité des plans de relance. Mais, dans les prochains mois, l'impact de l'aide de l'Etat devrait s'atténuer, les fragilités latentes devraient réapparaître, avec des baisses de prix quasi généralisées", souligne Natixis.

Si les marchés n'ont voulu voir que le positif dans le discours de Jackson Hole, une certaine prudence sur la sortie de récession s'est aussi fait entendre. Jean-Claude Trichet l'a d'ailleurs rappelé en fin de semaine, faisant part de ses réticences à parler d'un retour à la normale.

"La question n'est plus tant celle du calendrier de la reprise que celle de son ampleur et de son caractère autoentretenu. Or rien n'est encore joué", avertissent les économistes du Crédit Agricole.